jeudi 9 mars 2017

Le Musée des Monstres

Première impression sur ce roman, couverture + lecture de la quatrième, on est en plein dans un univers que je chéris fortement ! Du mystère, une enquête, des héros "hors normes". Illustré en plus par Benjamin Lacombe... comment dire que je partais avec d'énormes attentes, étant (très) fan de ses illustrations. Un titre qui rappelle sans hésiter le Freaks de Tod Browning. J'ouvrais ce roman avec de grands espoirs.

L'histoire se déroule dans le musée des Horreurs de Dumfrey qui héberge de jeunes enfants avec des dons spéciaux. Chaque personnage prend part à un spectacle qui a lieu régulièrement, et qui permet au musée de survivre. Max, jeune lanceuse de couteaux, rejoint la bande déjà composée de Sam, à la force légendaire, de Philippa, la médium, et de Thomas, acrobate et magicien. Depuis peu, le musée a du mal à faire venir du monde. Heureusement, l'acquisition d'une tête réduite relance l'activité et les gens se déplacent à nouveau ! Pourtant, celle-ci est dérobée à la suite de la première soirée la présentant. Au-delà de ce vol, des événements inquiétants et mystérieux prennent place au musée. Comment notre bande de quatre va-t'elle résoudre cette énigme qui met en péril l'équilibre de leur lieu de vie ?

Tout d'abord, je pense que ce roman doit être mis entre les mains d'un public averti de son aspect relativement sombre. Je le conseille aux enfants habitués à lire des histoires d'horreur ou du genre - je ne voudrais pas qu'ils ne puissent plus fermer l’œil de la nuit voyez-vous ! Après, c'est ce que recherche un certain nombre d'enfants aussi, on le voit avec le succès de la collection chair de poule encore aujourd'hui. Rien donc de très inquiétant, le dosage d'horreur me paraît convenable. Non, c'est juste qu'il faut savoir qu'il y a quelques aspects qui peuvent choquer les enfants non habitués à lire ce genre de romans. Pour n'en citer que certains, les meurtres présents tout au long, et une petite escapade de notre bande à la morgue lorsqu'ils enquêtent. Les détails nous permettent une totale immersion, mais durcissent forcément le caractère du roman. 

Au-delà de ça, l'enquête est plutôt bien menée. En tant que lecteur, on recherche aussi de manière active le coupable, et j'ai apprécié être un peu "baladée", croyant à la culpabilité d'untel, puis finalement me rendre compte qu'en réalité, ce n'était pas du tout ce que j'avais imaginé. Les héros vont aussi découvrir l'origine de leurs dons grâce à cette enquête. J'avoue parfois avoir perdu un peu le fil, mais jamais complètement - je suis toujours retombée sur mes pattes. Notamment parce que l'enquête s'entremêle avec la quête de l'origine de leurs pouvoirs. Disons que le petit point faible, c'est la lisibilité dans la suite de l'enquête.

Les illustrations de Benjamin Lacombe sont à l'opposé clairement à la hauteur de ce que j’espérais ! Ce coup de crayon reconnaissable parmi tant me fait toujours autant vibrer - mais c'est aussi parce que je suis sensible à ce style gothique/mélancolique. On peut dire qu'elles servent vraiment le propos, et c'est un plus dans ce roman pour se faire des images, mention spéciale pour la femme à barbe. 

Un roman plutôt sympathique, même si il n'est pas un réel coup de cœur. Peut-être parce que j'ai encore trop fraîchement Miss Peregrine en tête. Même si la comparaison est difficile, puisque les deux romans ne s'adressent pas au même public, ça a peut être amputé une part d'originalité à ce roman qui devrait se distinguer grâce à ça justement ! Comme je disais, je le conseille néanmoins aux amateurs du genre. Puis ce n'est que le début d'une trilogie à venir, il s'agit donc de la mise en place. A voir si les deux tomes à venir se détachent un peu plus à mes yeux.

Ici, la confirmation de la suite à venir sur le compte instagram de Benjamin Lacombe 

Et en bonus, la première illustration que l'on retrouve dans le Tome 1.


dimanche 5 février 2017

Les Cartographes livre I, La sentence de verre

Comment ne pas flasher sur une couverture aussi merveilleuse ? Pour la petite histoire, c'est grâce à un client que j'ai découvert ce roman. Il avait entendu parler d'un roman jeunesse dans lequel chaque région du monde se retrouve plongée dans une époque différente. J'avoue que le concept m'avait vraiment plu, mais impossible de retrouver le nom malgré mes recherches - l'édition jeunesse est un océan tellement vaste. Puis, au hasard, je lis la quatrième de couverture des cartographes. Je fais tout de suite le lien et me décide à l'entamer !

Sophia, treize ans, vit dans un monde qui a connu le Grand Bouleversement. L'espace temporel n'est plus continu, toutes les époques se sont mélangées, plongeant notamment le nord dans une ère préhistorique, et Boston, où vit notre héroïne, dans le XVIIIème siècle. Ses parents sont explorateurs et ont disparu alors qu'elle était plus jeune. Elle vit depuis avec son oncle, Shadrack, célèbre et talentueux cartographe. Alors que le gouvernement décide de fermer les frontières, ils décident tous deux de partir à la recherche des parents de Sophia. Shadrack la prépare à cette grande expédition et lui apprend notamment la lecture des cartes. Mais un soir, Shadrack est enlevé... Le seul indice qu'il lui laisse : une carte de verre et un message lui demandant de retrouver une certaine Veresa !

Le gros point fort de ce premier tome, le monde dans lequel on embarque ! Le panel des différentes cartes, qui se révèlent chacune pleines de secrets, m'a réellement enchantée. Notamment cette carte qui paraît illisible, et qu'il faut en réalité lire grâce à l'éclairage de la lune. J'ai adoré l'idée que les cartographes collectent les souvenirs de chaque habitant afin de les confronter, et de conserver une mémoire universelle. Vous l'aurez compris, ce roman regorge d'idées originales, et c'est ce qui fait que j'ai passé une très bonne lecture. Je regrette peut-être juste que les différences de temporalité ne soient exploitées que partiellement. On sait notamment que les frontières veulent être fermées aux sauvages du nord et aux animaux préhistoriques qu'on exploite dans les cirques ambulants de la ville.  Les possibles étaient infinies, et je m'attendais peut-être à ce que notre héroïne traverse les âges et se heurte aux particularités de chaque période historique.

Très contemporaine d'ailleurs cette idée de fermeture des frontières. Les parlementaires débattent au début du roman là-dessus, et veulent absolument se "protéger" de l'autre, de l'inconnu. Il faudra désormais posséder des "papiers" pour entrer et circuler sur le territoire. C'est d'ailleurs ce qui va accélérer les choses concernant la recherche des parents de Sophia. Il est urgent de les retrouver et de les ramener avant que les frontières ne ferment. L'histoire, bien que fantastique, reste ancré dans des problématiques très actuelles - le message passe.

L'autre élément que j'ai adoré, c'est les histoires dans l'histoire. L'histoire principale est entrecoupée de petits récits racontés par divers personnages : des souvenirs par-ci, des légendes par-là. Ce qui ajoute vraiment du rythme et permet de bien cerner le monde dans lequel les personnages évoluent. Petite mention spéciale pour les lachrimas, personnages sans visage qui passent leurs journées à se lamenter. Ils m'ont glacé le sang, et attisé ma curiosité ! Je ne vous dévoile pas leur secret, mais là aussi on va découvertes en découvertes, et c'est plutôt chouette. Le petit bémol que je pourrais émettre réside dans la fin de l'histoire. Le début prend le temps de poser les choses, tout est progressif. La fin va très - trop ? - vite. Quelques facilités scénaristiques bouclent l'histoire à mes yeux, et c'est plutôt dommage ! Malgré ça, je recommande vivement les Cartographes. J'ai passé un très bon moment en compagnie de Sophia, aventurière, courageuse, et je replongerai volontiers bientôt dans le tome 2 !

Et comme j'aime toujours autant comparer les couvertures, en voilà deux qui ont retenu mon attention. Enjoy :)


mardi 27 décembre 2016

Quelques minutes après minuit


Si j'ai entamé ce roman, c'est avant tout suite aux recommandations de la représentante de Gallimard avec laquelle j'ai eu le plaisir de travailler. Merci A. A. d'avoir été la première à me conseiller cette merveille ♥.

Conor, treize ans, vit seul avec sa mère gravement malade. Ayant du mal à trouver le sommeil, il reste souvent éveillé très tard le soir. Jusqu'à ce que l'arbre du champ d'à côté, un immense if, prenne vie et vienne lui rendre visite, quelques minutes après minuit. Ce dernier tient absolument à lui raconter trois histoires, puis ce sera au tour de Conor de lui en raconter une. 
Pour quelles raisons ce monstre végétal a-t'il fait irruption dans la vie de Conor ?  



Ce roman est époustouflant de force.  Il traite le sujet de la maladie et l’appréhension de la perte d'un être cher avec une puissance rare. Pour affronter la maladie de sa mère, Conor se laisse bercer par des propos qui l'enferment dans l'illusion d'une possible guérison. Tout l'accompagnement de l'arbre est de lui faire prendre conscience de la réalité des choses.
Et c'est avec poésie que Patrick Ness va nous décrire ce long voyage. A travers des fables racontées par l'arbre, Conor arrive finalement à voir les choses en face. Jusqu'au bout, il affirmera ne pas comprendre le but de ces histoires philosophiques. Pourtant, elles font inexorablement leur petit bonhomme de chemin. Le récit de l'auteur est, dans la version que j'ai acquise, sublimé par les illustrations de Jim Kay. Toutes en Noir & Blanc, elles s'accordent parfaitement avec la période sombre traversée par Conor.  Hâte de découvrir la version colorée de l'adaptation cinématographique bientôt sur nos écrans.

Toute la grandeur de ce livre est de nous embarquer tous, quel que soit notre âge, petits comme grands, dans le quotidien d'un enfant de treize ans, qui lutte tant bien que mal pour survivre à une situation quelque part inacceptable. Des séquences émouvantes entre Conor et sa mère, de la colère ressentie par l'injustice de la situation, du réconfort avec cet arbre majestueux qui va guider ses pas. Ce roman vous retourne dans tous les sens. J'ai personnellement rarement lu une histoire aussi bouleversante, et vous invite vraiment à vous lancer dans ce voyage inoubliable !

Et si t'es toujours pas convaincu, viens donc jeter un coup d’œil à la bande annonce !


lundi 19 décembre 2016

Sauveur & Fils Saison 2

Les Hamsters sont de retour !! Merveille des merveilles que de pouvoir connaître la suite des aventures de ce psychologue complètement atypique.

Certaines choses ont bien évolué. Sauveur est en couple avec Louise Rocheteau, et ils envisagent d'emménager ensemble, étape qui va se révéler compliquée quand on a deux familles à réunifier. Notamment avec Alice, en pleine crise d'adolescence, qui se rebelle. Sauveur continue de suivre Ella Kuypens, qui s'affirme de plus en plus. Blandine Carré, hyperactive, que personne n'arrive à canaliser, a lancé sa chaîne sur les poupées Pullip. 
Samuel Cahen est un nouveau venu au cabinet. Il ne s'intéresse qu'aux filles - et se prend des tonnes de râteaux -, ne s'entend pas avec sa mère qui le retient à la maison. Gabin vient quant a lui s'installer dans le grenier. Sa mère, ayant des hallucinations, est de nouveau internée. Alex et Charlie, couple lesbien, veulent agrandir la famille. Enfin surtout Charlie.
Sauveur a du pain sur la planche dans cette nouvelle saison !

C'est extrêmement réjouissant de voir évoluer les personnages ! Ella, mal dans sa peau, s'affirme ici. Elle progresse énormément, même si son évolution est en dents de scie. Il va encore falloir affronter le regard des autres. Le monde du collège est clairement impitoyable. Marie-Aude Murail traite à nouveau des sujets graves, comme le harcèlement scolaire - notamment le cyber harcèlement. Elle questionne le lecteur sur les raisons, la plupart des élèves suivent en effet le leader sans vraiment réfléchir aux causes et conséquences. Elle est totalement en accord avec l'actualité et cette intention de questionnement est clairement louable. 

Le monde de Sauveur s'enrichit de personnalités complètement marginales. Jovo, SDF, ancien militaire, rejoint la tribu. J'adore faire connaissance avec des personnages hors normes, c'est ceux auxquels je m'attache le plus. Magnifique tableau final où Gabin, Lazare, Jovo, Paul, Louise et Sauveur, que tout semble opposer, se fendent la poire.

Les troubles liés à l'adolescence rejoignent bien souvent les troubles familiaux. Samuel est clairement à la recherche d'un père dont il a manqué. L'ex de Louise lui met des bâtons dans les roues pour la garde alternée des deux enfants. Charlie veut absolument un enfant alors que sa compagne n'en désire pas. Dans cette saga, on a une palette très large de situations familiales dans lesquelles on se projette forcément. Que ce soit du point de vue des adolescents qui avouent en souffrir dans le bureau de Sauveur, ou des adultes qui sont confrontés à des choix difficiles et mènent un combat pour rétablir un équilibre.

Ce livre est une immense fresque et ôde à la vie. A toutes ces petites difficultés du quotidien, cette quête d'identité et de soi. C'est à la fois touchant, drôle aussi, intrigant car on tente de comprendre le pourquoi du comment. Puis toujours ce parallèle avec les hamsters. Madame Gustavia met au monde une nouvelle portée, ce qui ne manque pas de créer des situations complètement farfelues !

dimanche 27 novembre 2016

Espionnage intime

Depuis le temps que les ouvrages de Susie Morgenstern me passaient entre les mains, je pourrai enfin dire autre chose que "je connais de nom"! C'est avec Espionnage intime, petit roman de 140 pages, que je découvre une pointure de la littérature jeunesse.

Angélique mène une vie de collégienne tout à fait ordinaire. Elle est bien dans ses baskets, et coule des jours paisibles à l'école et à la maison. C'est même elle qui fait la morale à sa mère qui fume beaucoup trop à son goût. Cette dernière lui offre un jour son premier journal intime. Angélique prend l'habitude d'y livrer quelques unes de ses journées, notamment son ressenti vis à vis d'un garçon de son âge, Arthur. Jusqu'au jour où, entre deux pages, elle découvre de la cendre... Puisque sa mère l'espionne, elle va alors tenter de lui donner une leçon. Sans en imaginer les conséquences...

Belle représentation ici de la relation mère-fille qui se complexifie au moment de l'adolescence. C'est un âge où l'on prend de la distance/ du recul par rapport à sa mère. Les secrets font partie du quotidien. On cherche par dessus tout à préserver son jardin secret. On sent l'inquiétude omniprésente de la mère d'Angélique. C'est ce qui va d'ailleurs la pousser à s'immiscer dans l'intimité de sa fille dans son dos. Finalement, on se rend compte que c'est un passage obligé lorsque la grand mère d'Angélique avoue qu'elle lisait déjà la journal intime de sa fille à l'époque.
Je trouve ça innovant d'avoir une adolescente pour qui tout se passe bien, qui coule des jours heureux, sans nuages à l'horizon - ça change du schéma de l'adolescence complètement chaotique. J'ai vraiment apprécié qu'on ne tombe pas dans le cliché de la crise et d'avoir un tout autre point de vue.

L'intrigue est également inattendue. J'ai personnellement bien aimé le revirement de situation. Je ne m'attendais en rien à ce qui se passe à la fin, et personnellement, j'adore les effets de surprise dans un roman. Surtout l'aspect "Qui veut donner une leçon en reçoit une à son tour". Cette aventure resserre clairement les liens entre la mère et la fille. Oh - Happy ending.

Le rapport à l'écrit est également au cœur du récit. On ressent l'écriture comme une évidence à travers l'écriture du journal intime et le fait qu'Angélique veuille devenir écrivain. Communiquer par écrit est une manière d'affronter les changements de l'adolescence.

Les personnages qui gravitent autour de nos deux protagonistes sont attachants. Pablo, le petit frère un brin intellecto, la Tante Mia, complètement barjo. En quelques mots, j'ai passé un bon moment en compagnie de cette famille, et j'ai clairement replongé en adolescence. 

jeudi 3 novembre 2016

Les Disparus du Clairdelune

La suite des aventures de la Passe-miroir, enfin entre mes mains. J'avais réellement adoré le premier tome, et j'attendais énormément de la suite de ce roman qui m'avait marqué ! 

La vie suit son cours à la Citacielle. Ophélie est promue vice-conteuse et tente de se faire une place dans cet empire mené d'une main de fer par Farouk, l'Esprit de famille maître. Alors que le mariage avec Thorn approche, cette dernière reçoit des lettres de menace. Qui souhaite empêcher leur union ? Mais surtout, pour quelles raisons ? Au même moment, des personnalités haut placées sont portées disparues...  

Vous l'aurez compris, il va y avoir de l'intrigue dans ce second tome ! Les questions fusent dans tous les sens. Surtout qu'il y a ici plusieurs énigmes qui vont s'avérer liées. Mais on n'a beau voir les fils petit à petit, la toile ne se dessine qu'à la toute fin. Je salue grandement l'auteure qui mène le tout magistralement. Tout ça est d'ailleurs bien loin de s'arrêter, puisque la fin ouvre sur quelque chose d'absolument énorme. C'en est presque cruel de nous laisser comme ça, pauvres lecteurs assoiffés que nous sommes. Je prends mon mal en patience.

Au-delà de l'intrigue, j'ai été bluffée par le charisme des personnages. Notamment le Chevalier, délicieusement terrifiant. Ce petit garçon qui ne paye pas de mine, chétif, aux pouvoirs immenses puisqu'il s'insinue dans l'esprit des gens pour l'envahir d'illusions. J'ai rarement rencontré personnage plus dangereux et imprévisible. Notamment parce que c'est un enfant capricieux et rongé par la jalousie, et qu'il n'a aucune maîtrise de lui-même. Farouk est aussi un être incroyable. Sa taille impressionne. Sa présence aussi, puisqu'il compense sa faiblesse - son manque de mémoire - par un côté très autoritaire. 

Nos protagonistes évoluent à leur rythme. J'avoue d'ailleurs que, parfois, je crie intérieurement sur eux. Pour que ça aille plus vite ! Au début de ce second tome, Ophélie reste fidèle à elle même. Ce milieu ultra hostile m'a clairement angoissé. Peut-être parce que je me sens proche d'Ophélie, mais j'ai parfois du mal à supporter ses coups au moral, l'humiliation qu'elle subit - tout le talent d'une plume qui décrit parfaitement les sentiments. Surtout que cette oppression est une constante dans la première partie. Une chute incessante. Aucune branche à laquelle se raccrocher. Puis finalement, le milieu du roman est un tournant. J'ai apprécié de sortir de cette spirale infernale d'événements décourageants. Je me suis plongée corps et âme dans l'enquête, pour me délecter des derniers chapitres - le nirvana.

Encore une fois, j'admire le talent et la précision avec laquelle Christelle Dabos dépeint ce monde. Je trépigne d'impatience de découvrir les mystères du Livre de Farouk et de ce Dieu, pas si bien intentionné que ça.   

Harry Potter et l'Enfant Maudit

23 Décembre 2000. C'est la date à laquelle j'ai terminé le quatrième volet de la saga Harry Potter. Je l'ai d'ailleurs fanatiquement gravée sur les premières pages intérieures - l'ado un peu cinglée. Je me rappelle encore du jour où je l'ai choisi parmi tant d'autres. Un coup de foudre. J'ai commencé la série par la Coupe de Feu, suivie des trois premiers tomes - pour bien faire les choses dans l'ordre. Mais ça faisait sens, ça l'a toujours fait d'ailleurs. Bien avant la sortie des films. A cette époque, j'avais quatorze ans, tout comme Harry. Ce sorcier a tenu une place grandissante, jusqu'à devenir un pilier dans ma vie de lectrice.

Octobre 2016. Je passe de l'autre côté. Je ne suis plus l'adolescente qui vient tranquillement choisir sa lecture de Noël, je suis la passeuse. Deux sentiments m'envahissent. L'excitation, car c'est quand même juste dingue de me dire que je serai aux premières loges d'un événement aussi marquant. L'appréhension. Bien que J.K. Rowling ait choisi d'apposer son nom, elle n'est pas véritablement à l'origine de la pièce. Il y a un réel mystère autour du rôle qu'elle a tenu dans ce nouvel opus. 

L'histoire reprend à l'endroit exact où se termine les Reliques de la Mort. Albus, le deuxième fils de Harry, se tient sur le quai 9 3/4, et attend le Poudlard Express, accompagné de sa famille. Dans le train, il se lie d'amitié avec Scorpius, qui n'est autre que le fils de Drago Malefoy.
Plusieurs années vont s'écouler, renforçant cette amitié. Alors que notre jeune Albus est en quatrième année, il va surprendre une conversation entre son père, et Amos Diggory, le père de Cédric. Ce dernier lui reproche de cacher la vérité à propos de l'existence d'un retourneur de temps. Celui-ci pourrait lui permettre de sauver son fils, tué par Voldemort lors du tournoi des trois sorciers. Bien décidé à prouver à son père qu'il est capable de grandes choses comme lui, Albus va embarquer Scorpius et la mystérieuse Delphi, cousine de Cédric, dans des aventures périlleuses. 
Réussiront-ils à sauver Cédric  ?  Le passé peut-il ainsi être changé en toute impunité ?

Mon impression en lisant les premières pages : le soulagement. Lorsque j'ai appris que ce serait une pièce de théâtre, j'avoue avoir été mitigée. Comment s'imprégner d'un monde fantastique sans les longues descriptions ? Comme l'histoire se déroule dans des endroits très familiers, les dialogues suffisent amplement à se faire les images. Heureuse également de retrouver tous ces personnages - un peu comme retrouver des vieux potes perdus de vue
Harry n'est plus le personnage principal. C'est Scorpius qui lui vole la vedette. La pièce casse cette spirale des Malefoy, famille de méchants(-mais-en-fait-pas-si-redoutables-que-ça), avec un Scorpius tendre, sensible, qui vit seul avec son père depuis la mort de sa mère. Ce personnage est vraiment attachant. C'est drôle parce que personnellement, je suis restée longtemps méfiante envers lui. A tout moment, j'envisageais un potentiel retournement de sa part, que son côté sombre ressurgisse enfin.

Ayant échappé à tous spoilers, j'étais très très enthousiaste en découvrant qu'il s'agit à nouveau d'une histoire... avec des retours dans le temps !! Malheureusement, j'avoue que ce schéma du "On tente de changer le passé, mais en fait c'est encore pire, donc autant revenir dans le présent et accepter son sort" commence à m'insupporter. L'Effet papillon, ou encore 22.11.63 de Stephen King récemment, et il doit y en avoir certainement bien d'autres, ont déjà traité (voire épuisé) le sujet. J'ai trop rencontré cette configuration et surtout cette morale de fin, pour l'apprécier ici.

Autre question de fond de la pièce, les facilités scénaristiques vont bon train. Comment deux gosses de quatrième année peuvent duper une Hermione, Ministre de la Magie, aussi aisément ? Six pages pour fabriquer une potion réputée difficile, entrer dans le bureau et trouver le retourneur. Mais WHAT ?? Vous me direz que Harry, Hermione et Ron l'ont déjà fait, que sans ça, il n'y aurait pas d'histoire. Mais quand on compare combien de temps leur prend la résolution des énigmes, je crois que six pages est imbattable. Le format est certainement mis en cause ici, car une pièce de théâtre ne peut s'étendre trop. La fin où Harry se métamorphose en Voldemort m'a également laissé perplexe. Autant dire que si c'était possible dans le monde des sorciers, on aurait certainement rencontré une métamorphose auparavant ? 

L'Amitié, comme dans toute la saga, reste un incontournable point fort central. C'est toujours le Coeur des romans Harry Potter, et j'aime retrouver cet esprit. Ici encore, le héros n'arrive à rien sans les autres. L'isolement et le repli mènent aux forces du Mal. L'histoire qui s'installe entre Albus et Scorpius est aussi forte que celle de Harry-Ron-Hermione. C'est une chose à laquelle j'accorde beaucoup d'importance et qui m'a une nouvelle fois touchée.

Je qualifierais ma lecture de schizophrénique. Mon Moi, heureuse comme jamais d'être bercée une nouvelle fois par la magie du monde des Sorciers. Mon autre Moi, plus critique, qui saute au plafond parfois, s'interroge. Pour autant, je ne regrette pas une seconde d'avoir ouvert ce livre, et d'avoir fait ce nouveau voyage. Mon Amour de la série l'emporte donc.